Archives mensuelles : novembre 2015

Le der des der : où Gérard Dhôtel apparait une dernière fois

Non à l’intolérance est le dernier né de la collection Ceux qui ont dit non.

Ce recueil comprend six nouvelles issues de la résidence Ceux qui ont dit non à Château-Arnoux en 2015. Elles expriment une révolte collective contre l’intolérance et appellent à défendre la vie ensemble, le respect des différences et la fraternité.

Ce nouveau recueil de nouvelles a été élaboré à la suite d’une résidence collective effectuée à Chateau-Arnoux, dans les Alpes de Haute Provence. Résidence à laquelle Gérard Dhôtel aurait du participer… Mais sa résidence, il l’a faite à Paris, dans sa chambre d’hôpital. Il a peu écrit. Mais ces quelques mots, difficilement tapés au plein coeur de sa maladie, ont été repris par ses camarades de Ceux qui ont dit non pour réaliser la dernière nouvelle de cet ouvrage. C’est un magnifique hommage qu’ils lui ont fait !

Bruno Doucey, Nimrod, Maria Poblete, Elsa Solal et Murielle Szac ont passé, à tour de rôle, un an dans la commune de Chateau-Arnoux. Ils y ont fait des ateliers d’écriture avec des enfants, des ados et des adultes. Ils sont allés à la rencontre des habitants afin de saisir leur chemin vers le mieux vivre ensemble, dans cette ville où se rencontrent tant de nationalités différentes et où la vie rime avec misère et chômage.  Les six nouvelles que forment ce recueil reprennent les propos, les écrits qui ont été produits lors de cette résidence. Mise à part la dernière nouvelle où mon père, devenu narrateur, revient sur sa vie et raconte l’angoisse ressentie lors de sa maladie.

Comme pour les autres recueils de cette collection (Non à l’indifférence et Non à l’individualisme), dans Non à l’intolérance les auteurs parviennent à nous transmettre des messages forts par la fiction. Destiné aux enfants, il peut être aussi très bien lu et compris par des adultes de tout âge.

Compagnon d’infortune, ce livre paraît alors que des attentats surviennent à Paris : ceux de janvier et du vendredi 13. Il arrive à point nommé par sa pertinence et son actualité. Il donne une autre voix, une autre explication aux plus jeunes qui ont parfois du mal (tout autant que les adultes) à comprendre l’extrême complexité de ce que l’on vit actuellement. « Elle n’est pas comme nous, il n’est pas comme nous. Pas la même couleur de peau, pas la même religion, pas la même origine… », écrit Murielle Szac en introduction. « Si on les mettait dehors, si on les expulsait, tous ces « pas-comme-nous »? Parce que le ver de l’intolérance grandit, grossit et pourrit chaque jour un peu plus le fruit de la démocratie, nous savons qu’il y a urgence. » Nous l’avons vu pourrir, ce fruit. Nous avons vu ce qu’une telle intolérance a engendré. Nous avons vu le monstre sortir des entrailles de la haine. Et nous avons vu ce qu’il a fait. Oui, il y a urgence. Il est temps de s’en rendre compte.  Aidons par la culture et par l’éducation les enfants à sortir du cercle vicieux de cette haine. J’espère que ce livre nous  y aidera.

Je vous le conseille vivement !

On en parle :

site officiel

ceux qui ont dit non

site de la résidence

http://www.carrefourdesculturesmjc.org/#!ceux-qui-ont-dit-non/cgel

Où acheter ce livre ?

– dans une librairie : allez sur Place des libraires

– par correspondance : sur La librairie

Où emprunter ce livre ?

Attentats de Paris

Gérard Dhotel, mon père, est parti le 27 mars 2015. Il n’a pas vu les terribles attentats de vendredi dernier (13 novembre). Comme nous tous, il aurait été infiniment triste et révolté. Et il aurait pris automatiquement sa plume pour écrire et pour expliquer. Il aurait parlé de l’événement, tentant d’expliquer ses causes, mais il aurait également eu un mot (ou deux) à propos de la réaction des politiques et du gouvernement. Il aurait pris le temps d’expliquer aux adultes et aux enfants. Vous pouvez d’ailleurs retrouver dans ses livres des propos qui pourront aider à appréhender l’horreur dont nous avons été victime (comment parler de l’Islam aux enfants, Aujourd’hui citoyen, Droits de l’enfant : droits devant, Non à l’indifférence). Mais mon père n’est plus là pour écrire. Modestement, je me permets donc aujourd’hui d’utiliser son site pour écrire à mon tour.

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